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Enquête sur les calculs de l'ASSEDIC (1) 22 mai 2004

ã Isabelle Aubert-Baudron



00041906

(liens actualisés le 07/04/2011)


Plan de l'article:


1.ASSEDIC : spoliation des indemnisés, complicité avec les entreprises malhonnêtes, gaspillage d'argent public et tâches dépourvues de sens

a) Description des faits

b) Autres témoignages relatifs aux problèmes de paiement des indemnités de l'ASSEDIC:

c) . Inférences : éclairage que jettent les faits sur le fonctionnement de l'ASSEDIC

d) Techniques utilisées pour décourager les indemnisés


2. Un pseudo modèle économique basé sur des sophismes

a) Le "libéralisme" actuel ou la mondialisation d'une économie mafieuse

b) Mécanismes et conséquences du système des négriers

c). Des règles économiques truquées


3.Enseignements à en tirer pour les autres allocataires et associations de chômeurs




Voici le récit de ce qui m'arrive de mon côté dans le cadre de mon travail et avec l'ASSEDIC .C'est un peu long en raison de la complexité de la situation, mais ce qu'il en ressort met en lumière un certain nombre de fonctionnements sur lesquels il me semble urgent de s'interroger afin d'y remédier, et peut éclairer utilement les autres recalculés.


Arrivant de Belgique en novembre 2002 où j'étais allée travailler pendant deux ans ( 5 emplois différents à savoir 21 mois entre juillet 2000 et août 2002) en raison de la disparition de mon diplôme d'infirmier de secteur psychiatrique en France (voir à ce sujet le site Psychiatrie Infirmière http://psychiatriinfirmiere.free.fr/) je m'adresse à une assistante sociale afin qu'elle m'oriente vers les différents organismes auxquels je dois m'inscrire : ANPE, ASSEDIC, CAF. CPAM. La régularisation de ma situation met plus de deux mois en raison du nombre de documents demandés à droite et à gauche, et de démarches à effectuer.


Suite à quoi je me vois attribuer une allocation d'insertion par l'ASSEDIC et un complément pour arriver au RMI par la CAF, et. Ne voulant pas être entretenue par les deniers publics, je trouve du travail au bout d'un mois: un CDD avec promesse de CDI au bout de trois mois. Je fais une semaine d'essai à temps plein, et le jour où je commence mon CDD, j'apprends que je ne serai employée qu'a 3/4 temps pour 1000 euros, et non a temps plein pour 1400 euros comme convenu au départ et stipulé dans le premier contrat effectue pour la semaine d'essai, et qu'il est impossible que mon ancienneté soit reprise avant le CDI.


Pour le détail de la suite de ce CDD, mémorable, voir l'article Pénurie d'infirmières: un phénomène planifié sur le long terme

1. ASSEDIC : spoliation des indemnisés, complicité avec les entreprises malhonnêtes, gaspillage d'argent public et tâches dépourvues de sens :

a); Description des faits :


Après la fin du CDD, je m'inscris à l'ASSEDIC et dois faire des pieds et des mains pour obtenir le certificat de travail de mon employeur. En outre, celui ci me réclame des sommes d'argent en raison de mon arrêt maladie , qui vérifications faites, sont hors de proportion avec ce que je lui dois exactement : je reçois une première facture de 749 euros, que je conteste, puis une seconde de 300 euros, que je conteste également, et une troisième, qui se révèle enfin être exacte, de 145 euros.

L'ASSEDIC me verse une allocation d'insertion de 290 euros, avec un complément de la CAF pour arriver au montant du RMI. Au bout de trois mois, j'obtiens une aide à la création d'entreprise pour m'installer en libéral comme psychothérapeute, ce qui me garantit mes avantages sociaux pendant un an. Je m'installe en août, un mois avant la parution du projet Accoyer, qui préconise de limiter la profession aux seuls médecins et psychologues (voir l'article
Réglementation des psychothérapeutes :Les infirmiers psy sont ils des soignants ? Réponses aux questions posées par le projet Accoyer. ) Je constate avec effarement qu'en dépit des besoins humains accrus en psychiatrie, les professions psychiatriques disparaissent les unes après les autres du fait de mesures successives allant toutes dans le même sens au fil des ans : d'abord la disparition du diplôme d'infirmiers de secteur psychiatrique au début des années 90, puis les limitations au cadre de la profession de psychothérapeute, qui s'accompagne parallèlement d'une diminution sensible du nombre des psychiatres.


A l'ASSEDIC, je continue de pointer chaque mois par téléphone. Le versement de mes indemnités est interrompu en mars. Début avril, je reçois une lettre de l'organisme me disant que je n'ai pas actualisé ma situation en début de mois, et que mes allocations sont supprimées. Or je marque chaque mois sur mon agenda la date du pointage et l'effectue le jour même : je téléphone à l'ASSEDIC en infirmant le contenu de la lettre, et l'agent me réinscrit aussitôt. Je dis que j'ai une aide a la création d'entreprise et elle dit que cela n'est pas stipulé dans mon dossier, ce qui m'étonne car je leur ai envoyé les documents de l'URSSAF et du cerfa à deux reprises. Je dois également , dit elle, me rendre à l'ANPE pour valider ma réinscription.


Je renvoie une troisième fois ces documents, et quelques jours plus tard, vais me réinscrire à l'ANPE. L'agent que j'y rencontre me dit que ma venue est inutile : je suis bien inscrite, et la création de mon entreprise et mon dossier ACRE sont enregistrés depuis le mois d'août.. Je me rends également à l'ASSEDIC pour voir si tout est en ordre. L'employée n'ayant toujours pas reçu les documents relatifs à l'ACRE, je lui en remets en main propre une quatrième copie, en lui disant de le noter dans mon dossier, car cette fois, l'organisme ne pourra pas prétendre qu'ils ne l'a pas eu. La fille sort mon dossier et m'annonce qu'au bout de six mois d'ACRE, mes droits sont recalculés et qu'ils n'ont plus rien a me verser !!!!!!!!!!!


Je réalise d'un seul coup que je me retrouve avec 290 euros de la CAF, et la moutarde me monte au nez. Je crève littéralement de faim depuis un an, et à moins de cesser de manger et de me loger, il m'est impossible de vivre actuellement avec les quelques dizaines d'euros que me rapporte mon travail de psychothérapeute. J'énumère les incohérences de l'organisme en disant qu'ils me prennent pour une imbécile. .Je m'étonne qu'ils soient si exigeants avec les employés alors que les employeurs bafouent le droit du travail en tout impunité. L'agent acquiesce, avec un aveu d'impuissance. Tant que j'y suis, je mets sur la table tout ce que je sais de mon employeur : non respect du droit du travail, escroqueries envers le personnel, corruption de fonctionnaires, tentatives d'intimidation au nom d'une secte, et j'ajoute comme si cela allait de soi : "Bien évidemment, j'ai fait un rapport à la gendarmerie".


Dès qu'elle entend le mot "gendarmerie", l'agent de l'ASSEDIC change complètement d'attitude. Réagissant comme un employé pris en faute par son patron, elle reprend fébrilement mon dossier, et découvre comme par hasard que le document E 301 venant de Belgique relatif à mon travail dans ce pays n'a pas été pris en compte. En réalité, j'ai été classée par erreur à mon retour en France dans la catégorie "Apatride, réfugié politique" ! Consultant le document E 301, elle me dit que j'ai démissionné de mon dernier emploi, ce qui est faux : j'ai la lettre de licenciement signée de mon patron m'annonçant que je ne fais plus partie du personnel, que je vais lui transmettre. Au bout du compte, ce n'est pas une allocation d'insertion à laquelle j'ai droit, mais à une allocation de chômage, et en tant que plus de cinquante ans, une ARE (aide au retour à l'emploi). Au bout du compte, ils me doivent des sous !


Le lendemain, dés la première heure, l'employée de l'ASSEDIC me téléphone afin que je lui faxe des documents relatifs au travail en Belgique et à mon CDD (bulletins de salaires, déjà fournis à mon retour en France, et lettre de licenciement de mon dernier employeur belge) et m'informe qu'il y a un problème informatique , qu'ils ne peuvent changer le mode d'indemnisation sur le plan local et transmettent mon dossier au niveau national qui seul peut effectuer le changement, et m'assure que tout sera réglé très bientôt.

Je reçois ensuite une autre lettre de l'ASSEDIC me disant que j'ai perçu trop d'indemnités et que je leur dois 195 euros. Je téléphone aussitôt pour m'entendre dire de ne pas en tenir compte car mon dossier est en cours de régularisation.


Quelques jours plus tard, je reçois une lettre de l'ASSEDIC m'informant que je vais recevoir 2900 euros. Puis je reçois fin avril un autre document selon lequel 2600 euros ont été versés sur mon compte.

Etonnée de recevoir autant de documents aux contenus contradictoires, je décide de me plonger dans les chiffres et de calculer l'ensemble de ce que j'ai touché, et l'ensemble de ce qui m'est du en réalité. Consultant le détail du document de l'ASSEDIC, je constate que la période antérieure à mon CDD n'a pas été régularisée. Je retéléphone une fois de plus a l'ASSEDIC pour les en informer, et peu après, la personne qui a traité mon dossier me rappelle pour me dire que le reste de l'argent qui m'est dû va m'être versé : le 18 mai, je reçois un autre document de l'ASSEDIC m'informant que 1063 euros viennent d'être versés sur mon compte. Mais il concerne mes indemnités de 2004, qui s'arrêteront en juin, et ne prend toujours pas en compte la période antérieure à mon CDD, ni la semaine non payée début août. Autrement dit, le "recalcul" est faux, et ils me doivent toujours de l'argent : après avoir rappelé l'agent de l'ASSEDIC responsable de mon dossier, elle m'informe qu'elle ne peut prendre en compte que les périodes de travail stipulées sur le E 301, qui n'ont pas mentionné un CDD de trois mois, et que si je veux toucher mes allocations de chômage pour cette période, je dois faire rectifier les erreurs par l'Office National de l'Emploi de Charleroi et obtenir de celui-ci un nouveau E 301. Sans ce document, et même en possession des bulletins de salaires qui m'ont été délivrés et attestent de mon travail, elle ne peut rien faire.

En résumé, chaque vérification de ma part entraîne la découverte d'une "erreur" donnée, à un échelon administratif différent. Il suffit de soulever une pierre pour trouver un lézard dessous ! "Étonnant, non ?" dirait Desproges. Ce jeu de « cherchez l'erreur » pourrait dans un autre contexte être divertissant, mais dans la circonstance présente, chaque lézard me pénalise financièrement, et implique que pour récupérer l'argent auquel j'ai droit, je dois dépenser une tonne d'énergie et de temps !


Aux dernières nouvelles, je reçois une lettre de l'ANPE me demandant de me présenter à un entretien en vue d'une évaluation de mon action dans le cadre de mon projet d'installation, faute de quoi je serai rayée de la liste des demandeurs d'emploi.


En ce qui concerne la raison de la fausseté des calculs, j'émets trois hypothèses :

A. Les auteurs de ces calculs n'ont pas fait leur travail correctement par incompétence.


B Le travail n'a pas été fait correctement en raison de la complexité des textes et la lourdeur administrative : c'est une question de structures inadaptées; il n'y a alors pas de "coupable", mais des gens dépassés par la lourdeur et la complexité de la machine administrative, qui ne sont pas conscients des conséquences humaines de ces erreurs, à quelque niveau qu'ils se situent : dans ce cas, il importe de les mettre face aux conséquences de ce fonctionnement afin d'y remédier.

Dans un cas comme dans l'autre, le résultat n'est pas acceptable : si l'ASSEDIC éprouvait de telles difficultés à faire ses comptes, il en serait de même pour les autres organismes. Si les mêmes "erreurs" et informations contradictoires se produisaient au niveau des banques, de l'EDF, de France Télécom, etc, et si la plupart des entreprises étaient gérées de cette façon, l'économie deviendrait très rapidement ingérable et serait paralysée en une vitesse record !


C. Les agents de l'ASSEDIC ont des consignes pour limiter le versement des indemnités, et supposent que les gens vont se contenter de ce qu'on leur dit et de ce qu'on leur donne sans chercher plus loin. Ce dont il est question alors est d'escroquerie mise en place sciemment. et exécutée sciemment.



b) Autres témoignages relatifs aux problèmes de paiement des indemnités de l'ASSEDIC:


Dans le cadre de cette enquête, j'ai fait à un appel à témoins dans le site Categorynet sur les problèmes rencontrés par les pigistes dans le versement de leurs allocations , afin d'avoir une vision plus large et moins subjective de la situation . Voir ci-dessous les réponses que j'ai reçues émanant de journalistes, qui permettent de constater que les mêmes méthodes ont été utilisées en ce qui les concerne, et qu'ils rencontrent des difficultés similaires dans le cadre de leur travail de la part d'employeurs peu scrupuleux.


Bonjour,

Je suis actuellement plongée dans une histoire de ce type (indemnités dérisoires, calculées sur la base de piges effectuées il y a trois ans, tous les contrats ayant suivi n'entrant pas dans le calcul). Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à me contacter.


je fais partie des recalculés et je voulais savoir quel type de témoignage vous voulez ? Pour info: je dépendais du secteur public et j'ai été avertie un mois et demi avant


Je suis au chômage depuis 3 ans, j'ai du être radiée le 13/12/03 pour un congé maternité. Il aurait du me rester 3 mois de droit après, mais recalcule...

Je suis dans une position un peu compliquée depuis la fin de mon congé maternité le 3/4/04 entre la caf et voir les assedic s'ils acceptent de me recalculer mes droits initiaux...


Je reçois la news letter d'AC qui parlait dernièrement d'un projet du Medef de revenir à un système de louage tel que pratiqué au 19 ème siècle. On travaillerait lors de missions, mais on se débrouillerait pour payer sa sécu.


En ce qui me concerne pas de faits flagrants : une précarité permanente. Des cdd, des vacations.

En dernier, une promesse de CDI avec deux mois d'essai pour refaire la charte graphique d'un magazine avec finalement pas d'embauche malgré la satisfaction avouée (par l'employeur) sur mon travail (aucun papier ne peut le prouver ça...)



Le ministère de la Justice qui ne me prévient à la mi novembre 2003 pour la nouvelle convention unédic janvier 2004 (facilement prouvable).


Un ancien collègue qui m'envoie vers la cellule locale CFDT si si, pour tenter de trouver une solution mais jamais de réponse à mon dossier envoyé malgré les promesses d'étudier mon cas lors d'un contact téléphonique et mes relances. ah oui j'ai oublié de dire la réponse de cette cadre syndiquée :que de toutes façons on en avait parlé dans les médias en juin donc on ne pouvait pas estimer que j'avais été prévenue trop tard !!!!!!!


Je viens d'être payée en honoraires pour un boulot (occasionnel je vais pas cautionner malgré ma situation actuelle très très difficile ) je vais déclarer ce gain aux ASSEDIC (mais en fait je n'ai aucun justificatif) qui j'en suis sûre tolère ce genre de pratique et voir leur réactions.

Hier chez Gibert Jeune des caissières disaient qu'elles allaient travailler le 8 mai en étant obligées de récupérer ce jour travaillé, ce qui veut dire qu'elles ne seront pas payées comme pour un jour férié (légal ?) Ils travaillent 7 heures d'affilée avec 20 minutes de pause pour manger. Fnac, Gibert Jeune et consorts emploient beaucoup de jeunes pour mieux les exploiter vous avez remarqué ?


Sur le site de graphigroups je viens d'avoir un échange avec un graphiste qui se fait payer 800 francs pour 7 heures de cours tenez vous bien en honoraires !!!!!!!! Je me suis permise d'ajouter un post avec votre réponse afin de lui donner l'envie de témoigner lui ou ceux qui le liront.

Le problème est que même les personnes victimes d'abus sont parfois trop peu renseignées pour s'en apercevoir, et sont tellement contentes de travailler qu'elles acceptent tout dans le long terme. On les culpabilise.


Pourquoi une telle apathie de la part des journalistes ? La LEN, la LIL, la biométrie, la paupérisation, le démantèlement du service publique, de l'éducation, de la santé, les nanotechnologies, l'augmentation du nombre de cancers à cause de la pollution, le pillage organisé des ressources terrestres et la main mise des groupes privés sur les sources d'approvisionnement ? Bon j'arrête on sort un peu du sujet là...

Si je connais quelqu'un qui peut témoigner je vous l'envoie.
Je retiens votre proposition d'insérer des articles.


@+ Cordialement et bravo pour votre initiative, ça change des appels à témoignages ras des pâquerettes



Bonjour

J'ai été licencié en juillet 2001 pour "faute grave" (j'étais accusé d'avoir majoré "artificiellement" une note de frais de 21 francs, au profit d'une pigiste qui avait réellement effectué un déplacement supplémentaire !). A l'issue d'une longue procédure, dont je vous épargne les détails et que je ne souhaite à personne, j'ai obtenu gain de cause devant la commission arbitrale des journalistes en mai 2003 et devant le conseil de prud'hommes en février 2004. La commission arbitrale a condamné mon ancien employeur à verser une indemnité de licenciement. Le conseil de prud'hommes l'a condamné à verser les autres indemnités auxquelles j'avais droit, ainsi que des dommages et intérêts, d'un montant limité (1 200 â,¬). C'est-à-dire un jugement finalement très favorable à l'employeur, même si on me donne entièrement raison sur le fond.


Après avoir déclaré les sommes obtenues à l'ASSEDIC, on me réclame aujourd'hui un trop-perçu de 1 300 â,¬ en 2001. C'est une conséquence des fameuses mesures destinées à résorber le déficit de l'UNEDIC. Dans un autre contexte (pas de "recalcul" et/ou des délais plus courts entre le licenciement et le jugement des prud'hommes), j'aurais eu simplement une prolongation de mes droits. J'en suis réduit à quémander une remise gracieuse, que je n'obtiendrai sans doute pas.
Ce n'est qu'un tout petit exemple ubuesque, faites-en ce que vous voudrez.
Bonne enquête.


Bonjour

A propos des ASSEDIC je viens, de constater à mes dépens qu'ils étaient prompt à nous jeter en ce moment et cherchent vraiment des "poux" dans la tête aux pigistes.

Alors que je suis sans ressources (recalculée), de retour d'un Dom et en instance de divorce, seule avec un enfant, je n'ai pas obtenu qu'ils réexaminent mon dossier alors que je pouvais prétendre à une réouverture de droits à partir de piges que j'ai effectuées pendant plus d'un an.

L'employeur (du groupe EMAP) n'a jamais voulu inscrire "fin de contrat de pige" sur l'attestation qu'il m'a fourni et n'a pas voulu mentionner de dates précises de début et fin de collaboration chaque mois, ce que les ASSEDIC demandaient.


Comme j'ai démissionné pour suivre mon conjoint qui n'a pas retrouvé un emploi fixe sur place, j'ai demandé à passer en commission pour un réexamen au bout de 4 mois, comme il est possible. Mais les ASSEDIC m'ont déconseillé de le faire car ils m'ont expliqué que si je faisais cette demande, ils allaient réexaminer mes droits depuis la fin de mes piges (fin octobre 2003) qui ne coïncident pas avec la fin de mes droits (31 décembre 2003) et que je leur devrais de l'argent. Vu ma situation, j'ai préféré reprendre mon dossier et ne plus rien leur demander, pour l'instant.

Ils m'ont invitée à demander le RMI ou à trouver très vite n'importe quel contrat même au SMIC d'au moins 91 jours ou 450 heures (environ).

Entre-temps, ils ont traité ma demande d'ASS par dessus la jambe, devant moi, en quelques minutes. Comme le montant de mes revenus de l'année précédente dépassait largement les seuils qui donnent accès à l'ASS, ils m'ont balancé une feuille où j'ai vu après coup (parce que le conseiller qui m'avait déjà accordé un certain temps a estimé qu'il ne pouvait me garder plus longtemps, malgré la complexité de ma situation) qu'il était mentionné des inexactitudes, leur refus étant motivé par le fait que je n'aurais travaillé qu'un an au cours des dix ans écoulés.

Alors que je n'ai pas cessé en tant que journaliste pigiste de travailler tout en étant demandeuse d'emploi et indemnisée quand je n'avais pas assez de travail, comme c'est le cas de la plupart des pigistes dans un système qui nous presse, attend de nous des idées, de la rapidité, mais nous jette quand un journal s'arrête, qu'une équipe ou une formule change ou saupoudre les collaborations afin que nous ne soyons pas trop liés à eux (peur des droits que cela entraîne (la loi Cressard de 1974) si la collaboration est continue). Les rubriques régulières et les articles suffisamment longs pour que ce travail soit rentable sont beaucoup moins fréquents qu'avant.
Et ce mois alors que je maintenais mon inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, même non indemnisée, j'ai eu la surprise de recevoir une lettre de radiation très "sèche", parce que j'aurais omis de me réinscrire. Auparavant il me semble qu'ils envoyaient un rappel invitant, en cas d'oubli, à le faire rapidement.


Si vous avez d'autres questions, vous pouvez me les adresser.


Bien cordialement


Bonsoir,

Excusez ma réponse tardive, mais je rentre du travail (une pige), comme de juste à 22 heures. Ma journée de travail a duré 12 heures, payées 7. C'est absolument banal. De ma vie je n'ai effectué une journée de 7 heures. Mais bon, passons, ce n'est pas notre sujet. Si vous souhaitez publier mon e-mail, je n'y vois pas d'inconvénient, mais je préférerais rester anonyme. Je vais donc vous raconter plus en détail mon problème avec les Assedic.

Hormis ce - très délicat - dépassement d'horaires, je n'ai jamais eu de problèmes avec mes employeurs. Tous m'ont gentiment fourni les papiers nécessaires à mon inscription aux Assedic.

En 2003, j'ai eu 7 employeurs. J'ai été payée en fiches de paie. J'ai gagné en moyenne 10 500 Fcs nets par mois.

J'ai dû retourner 4 fois aux Assedic, le préposé ne comprenant rien à mon dossier. A chaque fois, j'ai eu un interlocuteur différent (ce qui n'a guère facilité la compréhension). J'ai tenté de réclamer la même personne à chaque fois, en vain. Je suis restée une heure et demi à chaque passage. J'ai fourni toutes les pièces (attestations de fin de contrat, fiches de paie...)

Finalement, l'Assedic m'a octroyé une indemnité de 14 € par jour, au motif que... Lorsque j'étais étudiante, pour me faire de l'argent de poche, je pigeais pour une publication qui, par la suite, a fait faillite. J'ai été englobée dans le plan social, et inscrite en tant que demandeur d'emplois. J'ai touché mes indemnités pendant une semaine (soit 98 €), puis j'ai retrouvé du travail. Il me restait alors 600 jours d'indemnités.

L'Assedic considère donc que je dois être indemnisée sur la base de ce job d'étudiant sous-payé. Ce que j'ai fait depuis, le fait que j'ai travaillé (beaucoup), cotisé, bref, démarré une vie d'adulte normale, elle s'en fiche comme d'une guigne. Mon indemnisation ne me permet même pas de payer mon loyer.

Question : Est-ce normal ?

Aujourd'hui, j'ai retrouvé du travail, à la pige comme de juste. Je n'ose déclarer ce que je gagne aux Assedic, de peur de me retrouver une fois de plus le bec dans l'eau.

Je suis écœurée d'avoir bossé pendant 3 ans 60 heures par semaine pour des nèfles.

PS : Je n'ai pas, mais alors absolument pas les moyens de payer un avocat pour attaquer l'Assedic.Je suis plus préoccupée par le fait de retrouver un emploi stable.

Second PS : Je hais le préposé.

Bonne soirée,

GW


Ces témoignages permettent de réaliser que les gens sont maintenus sciemment dans une précarité latente, indépendamment de leurs qualifications (tous les gens ci-dessus ont suivi un enseignement universitaire) Ainsi le prétexte de maintenir les gens dans un stress permanent pour "augmenter leur motivation" est en réalité un sophisme derrière lequel s'abritent les employeurs sans scrupules. Il est complètement inefficace sur le plan de la "motivation" : rien de plus démotivant que d'être pressé comme un citron pour des clopinettes.



c) Inférences : éclairage que jettent les faits sur le fonctionnement de l'ASSEDIC :


Je conclue de ce qui précède :

- qu'en ce qui me concerne, je suis passée à deux doigts de la radiation, qui serait survenue si je m'étais laissée faire. Il y aurait alors eu rupture du contrat de l'aide à la création d'entreprise;

- qu'il y a eu dans ce dossier une non prise en compte des documents relatifs à l'acceptation de mon dossier ACRE (3 documents envoyés qui n'ont pas été entres dans mon dossier) ainsi que du document R 301 venu de Belgique d'où l'attribution d'une allocation inférieure à celle due, non pas de mon fait, mais des employés de l'ASSEDIC,

- vue la rapidité avec laquelle mes indemnités m'ont été versées, que l'ASSEDIC ne tient pas du tout que la gendarmerie mette son nez dans sa gestion,

- qu'une bonne partie des correspondances envoyées par l'ASSEDIC n'a pas lieu d'être : demandes de documents qui ne sont pas pris en compte par la suite, annonces non justifiées de suppression d'allocation, demandes identiques de documents envoyées en double et rédigées par deux agents différents, convocations à des entretiens inutiles, etc. Si l'on comptabilise le temps passé par les employés pour recevoir inutilement les indemnisés, rédiger ces courriers inutiles, et les frais de poste qu'ils engendrent, on réalise qu'il y a la un gaspillage d'argent public considérable, investi dans des tâches qui n'ont pas lieu d'être et sont dépourvues de légitimité dans le cadre de la fonction des organismes concernés. Ce qui se passe ici aboutit à un véritable détournement du service public et de l'argent public, qui est investi dans des tâches parasites par des parasites à des fins d'escroquerie.


Sachant que ce harcèlement administratif est également pratiqué par la CAF et l'ANPE, si l'on multiplie ce gaspillage par le nombre de chômeurs et d'assistés de ce pays, on constate alors qu'une partie du déficit que nos institutionnels imputent aux bénéficiaires des aides est en réalité due aux pratiques inhérentes au harcèlement administratif , à une conception de la gestion fondée sur l'institutionnalisation de l'escroquerie et qu'elles sont non seulement illégales, mais ruineuses.


On constate alors dans le faits que les entreprises malhonnêtes et l'ASSEDIC récupèrent de l'argent illégalement sur le dos des travailleurs, qu'ils réduisent sciemment des gens au chômage afin de faire faire le travail à un personnel non qualifié et sous payé, d'où un détournement de l'argent des salaires inemployés, et des sommes dues non honorées. Où va cet argent ? Apparemment, personne ne se préoccupe de poser la question et encore moins d'y répondre.


En conséquence, ce que je constate ici est que la politique sociale dans ce pays consiste à éliminer purement et simplement des gens qualifiés du marché du travail dans un premier temps, puis dans un deuxième temps de les spolier des indemnités auxquelles ils ont droit. Le but de l'opération est de réduire le nombre de gens entre les mains desquels l'argent circule. Le travail n'est plus régi par les besoins humains ni par les moyens des entreprises, mais par des méthodes de pillage organisé. Parallèlement, les mêmes méthodes sont également utilisées à l'égard des usagers des services des entreprises (clients des maisons de retraite...), grâce à tout un arsenal de tripatouillages permettant de facturer des soins ou du matériel fictif.


Si maintenant je considère le marche du travail actuel et les pratiques qui s'y développent (non respect du droit du travail, pratiques de négriers, contrats d'embauches truqués, harcèlement moral, charge de travail accrue, etc.), ces pratiques ne peuvent atteindre une telle ampleur sans le cautionnement des institutions en lien avec les employeurs, dont la médecine du travail, l'ASSEDIC, l'ANPE, le patronat, les syndicats, etc. (voir le rôle destructeur des délégués syndicaux qui ont également un grade hiérarchique, et qui sont a la fois les professionnels de l'autorité qui sanctionnent le personnel, et ceux qui sont chargés de les défendre, tout en cumulant par ailleurs d'autres fonction (membres des conseils d'administration, etc.).. Une telle pratique, très répandue dans l'administration, est une véritable imposture à l'encontre des travailleurs et usagers des service public.


En raison de l'institutionnalisation de ces méthodes illégales basée sur l'officialisation de la corruption, du pillage, de l'escroquerie et de l'asservissement humain, par le biais des gestionnaires et d'écoles de cadres, diffusant des formations au contenu occulte ("On n'a pas le droit d'en parler" prétendent les gens qui les ont suivies), on constate une similarité d'idéologie et de méthodes avec des organisations sectaires du type scientologie, dont le but est l'escroquerie et l'asservissement humain. En raison des implications récentes de la scientologie à différents niveau de la sphère administrative, ce n'est plus seulement pour rupture de contrat que le citoyen floué est ici en droit de porter plainte, mais pour escroquerie, corruption de fonctionnaires, gaspillage et pillage d'argent public, association de malfaiteurs en lien avec des organisations criminelles et sectaires (mafia, scientologie), volonté de nuire. sciemment (voir à ce propos le document intérieur de la médecine du travail sur le harcèlement moral au travail intitulé Eléments d'orientation pour la consultation liée à un HARCELEMENT moral S E R V I C E d e P A T H O L O G I E P R O F E S S I O N N E L L E dans l'article Harcèlement moral: Remake des "Dix Petits Nègres": enquête sur les facteurs de mortalité et de morbidité en milieu hospitalier et propositions pour en sortir )


Dans la mesure où les comportements visés ici sont non seulement le fait d'organismes et d'institutions abstraits, mais également de leurs employés qui traduisent ces méthodes dans les faits en les appliquant au niveau des individus, il importe ici de poursuivre non seulement les organismes eux mêmes, mais également les gens qui ont un pouvoir de décision dans les méthodes utilisées, ceux qui les appliquent tout en sachant qu'ils trompent les usagers, et ceux qui en tirent un bénéfice financier. Au lieu de faire payer ce que doivent ces organismes avec l'argent public, ce qui est également une imposture vis a vis du public, participe au pillage du pays, et dilue toute responsabilité, il serait plus logique que soient pénalisés les bénéficiaires de ces détournements, à quelque niveau qu'ils se situent, et plutôt que des les emprisonner ce qui revient à les entretenir dans des prisons publiques avec l'argent public, de les condamner simplement à rembourser ce qu'ils ont pris et à dédommager les gens qu'ils ont lésés, autrement dit, à réparer les torts qu'ils ont causés. Ce n'est pas au public de faire les frais des malhonnêtetés du privé, ni aux citoyens de payer pour des actes dans lesquels ils n'ont aucune responsabilité, et au sujet desquels ils n'ont été nullement consultés.


  1. Techniques utilisées pour décourager les indemnisés :

En règle générale, ces techniques ont pour but de compliquer les situations au maximum et d'exiger des indemnisés une somme de temps et d'énergie considérable afin de les décourager de les obtenir.


  • Prétendre que les gens n'ont pas actualisé leur situation, afin de tenter d'attribuer la faute de l'interruption du versement aux indemnises eux mêmes. Si ceux-ci ne sont pas dupes, prétendre qu'ils font partie des recalculés et que leurs droits sont supprimés.

  • harcèlement administratif : demandes multiples de pièces, parfois à des mois d'intervalle : un même document peut être réclamé plusieurs fois de suite à plusieurs mois d'intervalles; convocations inutiles sous menace de radiation,

  • utilisation d'un vocabulaire administratif abscons destiné à n'être compris que des initiés, afin de rendre les choses inaccessible au "non spécialistes", ce qui revient à départir les citoyens de leurs capacités de réflexion et de compréhension concernant la gestion de leurs indemnités,. : noms des organismes "ASSEDIC", "UNEDIC", qui ne représentent rien en tant que tels et dont peu de gens connaissent la signification exacte, ce qui leur donne une apparence d'entités abstraites supra-humaines et toutes puissantes, sur lesquelles les individus n'ont pas de prise.

  • envoi des courriers multiples et contradictoires d'où l'impossibilité pour l'usager de savoir lequel il doit prendre en compte,.

  • demandes de documents multiples, parfois similaires, effectués par différents agents en même temps : il m'est une fois arrivé de recevoir 7 courriers en 3 jours de la même caisse, dont certains en double, rédigés par deux agents différents. L'indemnisé est alors noyé sous des tonnes de courriers auxquels il lui est impossible de donner des réponses satisfaisantes et cohérentes, dans la mesure où les demandes sont différentes.

  • changer sans arrêt le nom des allocations et les modalités de leurs attributions afin que les indemnisés ne puissent s'y retrouver,

  • ASSEDIC, ANPE et CAF se renvoient les allocataires en leur demandant des documents et attestations des différents organismes, pour retarder le paiement des indemnités, alors qu'il leur serait plus simple et moins coûteux de se transmettre les informations directement en communiquant entre elles; le prétexte de la non communication entre différents organismes pour justifier ces démarches de la part des usagers n'est pas valide dans la mesure où l'informatique permet de l'établir facilement et à peu de frais.

  • éloignement géographique des différents organismes structurellement reliés entre eux : ASSEDIC, ANPE, CAF : si les allocataires ont une voiture, cet éloignement est peu gênant. Mais dans le cas contraire, s'y rendre implique de prendre des bus et de marcher depuis des arrêts de bus jusqu'à aux organismes, ce qui rend les démarches plus inconfortables et plus couteuses : il faut payer le bus et parfois faire 500 m a pied entre l’arrêt de bus et l'organisme.


Si l'allocataire n'habite pas dans l'agglomération où sont situés ces organismes, chaque convocation implique des frais d'essence (personnellement j'ai 30 km à faire = 60 kms aller et retour). S'il n'a pas de véhicule, il doit prendre le train ou le bus s'il en a dans son agglomération. Sans quoi, vu la diminution des trains et des bus, il est coincé.


  • quasi impossibilité de vérifier le montant des indemnités versées à moins de refaire soi-même un travail d'assistante sociale, ce qui implique de se référer aux derniers textes en vigueur,

  • Indemnités versées inférieures aux indemnités dûes : erreurs d'attributions : si l'allocataire ne vérifie pas le montant par lui même, il ne s'aperçoit de rien et ne conteste pas. S'il s'en aperçoit et conteste : envoie de courriers contradictoires d'où une quasi impossibilité de s'y retrouver. Les "erreurs" sont alors imputées au service informatique. Dans la mesure où les courriers envoyés ne précisent pas les noms des agents qui les ont rédigés, les erreurs sont alors anonymes, et personne n'est nominativement responsable. Cette dilution de la responsabilité est destinée à empêcher les poursuite et la confrontation des individus aux conséquences de leurs erreurs.

  • le montant des indemnités étant établies proportionnellement aux salaires touchés, en raison du fait que la plupart des salaires versés sont généralement inférieurs à ceux auxquels les gens ont droit effectivement (non reprise de l'ancienneté, emploi de gens en CDD uniquement, promesses de CDI non respectées, etc...), les indemnités sont proportionnellement plus basses que ce qu'elles devraient être réellement sur la base de la législation du travail. De ce fait, l'ASSEDIC a tout intérêt à cautionner ces malhonnêtetés dans la mesure où les économies qu'elle réalise sont proportionnelles à celles que réalisent les employeurs.

  • Pas de volonté de mettre un terme aux escroqueries des employeurs, et volonté de spolier les indemnisés. => on constate de fait une bonne entente entre employeurs et les caisses. L'économie mafieuse est intégrée par les caisses qui se calquent sur elle et adoptent le même comportement vis a vis des usagers.


Il conviendrait alors pour empêcher cette pratique, de calculer les indemnités non sur le salaire effectif sous évalué et sur la base de pratiques illégales, mais en prenant en compte l'ancienneté et les échelons, dans le respect de la législation du travail en vigueur dans le pays et de la valeur réelle des indemnisés.


Suite : 2. Un pseudo modèle économique basé sur des sophismes



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